Du 23 février au 3 mars 2017 j’étais en Norvège. J’ai ramené beaucoup d’impressions et vécu tous les états émotionnels pendant les huit jours, du mal de mer, où je me suis sentie terriblement mal, jusqu’aux moments de vrai bonheur lors du tour de luge avec les chiens de traîneaux dans le paysage hivernal sous la lune et les étoiles. Voici quelques uns des moments inoubliables en photo:
Weekend à Avignon
Avignon (19-23 novembre 2016)
En septembre, nous étions au bord du Verdon et avons nagé dans ses lacs de barrages, le lac de Ste-Croix et le lac d’Esparron, et observé l’eau du Verdon en transpirant au parcours de santé à Gréoux. Mi-novembre nous avons retrouvé ce cours d’eau, à Avignon. Ici ce n’est plus le Verdon, depuis Gréoux, son eau s’est mêlée avant avec celle de la Durance, qui se jette ici à Avignon dans le Rhône.
Nous sommes arrivés samedi dans l’après-midi et ont rencontré la ville ensoleillée dans l’ambiance de fin de semaine, avec beaucoup de monde dans les rues et même sur la terrasse du Pub, pour accueillir le weekend. Après s’être installé à l’hôtel, nous avons aussi cherché une petite bière au Pub et l’ont bue sur la terrasse – toutefois sans enlever la veste et l’écharpe.
Notre hôtel, le Cloître St.-Louis, se trouve, comme le nom le dit, dans une partie d’un ancien cloître. L’autre partie héberge un centre culturel. La grande cour intérieure avec quatre grands platanes, des arcades et une fontaine au centre nous met dans un autre temps. La circulation et la foule dans la rue principale qui n’est qu’à quelques mètres de l’entrée, sont oubliés. Ce cloître de Jésuites avait été construit en 1601. Depuis 1983 un centre culturel et un hôtel se sont installés ici.
Avec plaisir nous avons logé dans une chambre bien plus grande que réservé, dans l’ancienne partie du bâtiment avec les anciens murs et fenêtres, qui n’étaient malheureusement plus entièrement étanches. Nous l’avons constaté quand il pleuvait tout ce qu’il pouvait lundi et mardi, mais le linge que nous avons posé sous la fenêtre avait absorbé l’eau. On ne s’était donc pas réveillé avec un petit lac autour du lit. A l’hôtel on nous a expliqué qu’ils sont conscients du problème, mais que le propriétaire ne veut pas changer de fenêtre… L’extérieur de la partie moderne de l’hôtel, construit par Jean Nouvel, n’est pas à notre goût, à l’intérieur nous trouvons que le vieux et le moderne sont mariés de façon harmonieuse. La belle salle à manger est placée sous les arcades et entièrement vitrée vers la cour intérieure. En mangeant notre petit déjeuner, nous avons l’impression d’être directement dans la cour.
Les remparts sont encore entièrement préservés à Avignon. Pour cette raison, les Avignonais font la différence entre intra- et extramuros. Pendant notre séjour nous restons surtout intramuros. Les sites touristiques sont facilement accessibles, il y a quelques touristiques asiatiques, mais en générale c’est calme. La ville abrite un très grand nombre de théâtres. Avignon est connu pour le grand festival de théâtre qui s’y trouve en été. Nous traversons pleins de places typiquement provençales avec des platanes, mais maintenant en novembre, les chaises et tables des terrasses sont empilées et rangées pour l’hiver. On peut cependant bien s’imaginer de boire un verre de rosé ou un Perrier-menthe à l’abri des platanes avec 15 degré Celsius en plus…
Dimanche il y avait des éclaircies, mais un vent frais. Sur notre programme était la visite du Palais de Papes. Tout le monde nous en avait parlé et nous étions curieux de voir cette résidence. Quand nous nous trouvons tout à coup devant cet immense palais, le plus grand monument gotique de l’Europe, nous sommes très impressionnés. Et la place m’a rappelée ces places italiennes plein d’histoire et d’ambiance, p.ex. celle de Siena avec le palio ou la piazza Novona à Rome. Le siège des papes se trouvait entre 1309 et 1423 à Avignon. Le Palais des Papes a été construit en 20 ans par les deux papes Bénoit XII et Clément VI. En tout, neuf papes étaient à Avignon. L’église était un état dans l’état à cette époque, elle avait son propre gouvernement, son armée, et les gens avaient dû payer les impôts aussi à l’église. Un certain temps il y avait deux papes, et même trois. Tout n’était pas chrétien dans l’état de l’église à cette époque.
L’édifice à pas manquer à Avignon est évidemment le pont Saint-Bénéset sur le Rhône, le fameux pont d’Avignon, construit à la fin du 12e siècle. Tout étonné nous avons constaté qu’il n’est plus entier. Nous sommes allés jusqu’au bout au milieu du Rhône et avons admiré la vue sur la ville qui est très impressionnante depuis ici, avec les remparts, le Palais des Papes et le rochers des Domes. Et nous avons dansé et chanté “Sur le pont d’Avignon, l’on y danse, l’on y danse…”
Le temps s’est dégradé dimanche soir et il n’a presque pas arrêté de pleuvoir lundi et mardi. Magasins, musées et expositions étaient fermés ces jours-là, nous avons donc continué à découvrir la ville, heureusement bien équipés, et comme dans une ville on trouve toujours un café pour faire une pause… ces pauses étaient parfois plus longue. La rue la plus intéressante à Avignon est la rue des Teinturiers, une rue piétonne qui longe le canal de la Sorgue où les teinturiers autrefois avaient rincé leurs tissus. Quatre roues à aubes témoignent encore de l’époque où plus de vingt roues ont livré l’énergie pour des moulins.
Le repas le plus original était pour moi un très bon cous-cous avec les épices typiques et un thé vert. L’ambiance dans cette couscousserie à la place de l’horloge était comme en Algérie, et pleins de souvenirs de mes voyages sont montés.
Avignon nous a beaucoup plu, on va revisiter cette ville pour profiter pleinement de ces ruelles et ses places.
Et voici quelques photos:

Cour intérieur de l’hôtel 
Salle à manger à l’hôtel 
Palais des Papes 
Pont d’Avignon 
Pub à côté de l’hôtel
Sous le lac turquoise, il y avait une vie…

Sur le plateau de Valensole, la sècheresse règne, la lavande est récoltée, il reste encore quelques fleurs dans les champs asséchés. Comme les nuits sont fraiches, la température est agréable au début de la matinée, mais vers midi il commence à faire chaud. Au mois d’août en Provence, c’est normal. Nous roulons direction le village de Sainte-Croix.
En arrivant au bord de ce plateau, quelle vue rafraichissante, une énorme surface turquoise s’étend devant nous (photo). Le lac de Sainte-Croix.
C’est un lac de barrage créé artificiellement, comme le lac d’Esparron. Nous traversons le village et nous arrêtons au bord du lac où nous trouvons un centre touristique pour les sports aquatiques, des voiliers et des canoës sont à louer. Sur la plage de sable, nous nous cherchons tout de suite une place pour étendre nos linges, mettons nos caleçons de bain et les chaussures en plastique et sautons dans l’eau – comme ça fait du bien ! Depuis le lac, mon regard tombe sur le village de Sainte-Croix qui se trouve juste en-dessus du lac. Ceci était encore un village perché sur une corniche en dessus de la vallée du Verdon il y a 50 ans. Incroyable !
Mais il y avait de la vie ici, avant le lac !
L’homme a découvert la région des gorges du Verdon il y a longtemps. Des preuves, qu’il y avait des êtres humains il y a 400’000 ans se trouvent au musée de préhistoire des gorges du Verdon à Quinson. C’est après-midi en août, quand le soleil brûle sur la Provence, c’est le moment idéal pour nous d’entrer dans ce bâtiment moderne bien climatisé, construit par Norman Foster, et plonger dans les expositions.
Un pont se trouvant à l’ouest de la vallée témoigne de la présence d’une voie romaine qui a passé par ici. A partir du Vième siècle, des prieurés et des abbayes s’y sont installés. Les moines ont cultivé les terres, planté des vignes, élevé des bêtes et ils ont aussi construit des canaux pour le drainage et l’irrigation des champs.
A partir du XIVe siècle, les habitants de la vallée ont commencé à répartir le territoire et à s’organiser. Des bornes et des délimitations ont été définies, l’irrigation des champs, l’entretien des chemins et l’utilisation des Iscles (îles du Verdon) qui sont un réservoir de bois ont été réglées.
A la fin du XVIIIième siècle les petites propriétés familiales prennent leur essor. Dans le XIXième siècle le paysage de la vallée est fixé. Les communes de la vallée sont Aiguines, Les Salles, Sainte-Croix, Moustiers et Bauduen.
Le Verdon n’était jamais une rivière tranquille restant dans son lit en traversant sa vallée. Avant qu’il soit apprivoisé, c’était un « guerrier ». Sur une surface d’environ un kilomètre de largeur, il a changé son cours chaque année. Il y avait régulièrement des inondations. Les habitants de la vallée ont canalisé son eau pour irriguer leurs champs et jardins, pour remplir les lavoirs et plus tard, pour faire fonctionner leurs moulins. Il y avait des moulins à blé, à huile, à farine ou à papier. Pour gagner des terres du Verdon ils ont construit des endiguements.
Dans la deuxième moitié du XIXième siècle, avec le développement des villes de la basse Provence, le besoin en eau potable et en eau pour l’arrosage a augmenté. Les ingénieurs ont cherché des solutions, et entre autres, un barrage à Sainte-Croix était une idée pas encore retenue à ce moment-là. En 1866, le canal du Verdon (Quinson à Aix-en-Provence) a été construit. A la fin du siècle, l’eau était aussi nécessaire pour les premiers projets électriques.
Les barrages de Castillon (1948) et celui de Chaudanne (1953) ont été construit en amont des Grandes Gorges et à cette époque, le projet de la mise en eau de la vallée du Verdon est devenu concret. Il a été réalisé entre 1960 et 1973.
Le barrage de Sainte-Croix a été construit et la vallée ensuite, après destruction du paysage, inondée. La commune se trouvant au fond du lac, Les Salles, a été reconstruite sur un promontoire en-dessus du lac, et les deux villages, Bauduen et Sainte-Croix, sont devenus des communes de bord de lac avec des plages et des centres pour le tourisme aquatique. Il y a un certain temps, quand Sainte-Croix était un village perché entre le plateau de Valensole et la plaine des Salles, personne ne se serait imaginé qu’il y aurait une fois une plage avec des voiliers et des canoës ici…
Entre la sortie du Verdon des Grandes Gorges et le barrage, le lac s’étend sur une longueur de 11 km et une largeur de 5 km. Sa profondeur est de 93 m.