Sous le lac turquoise, il y avait une vie…

Sur le plateau de Valensole, la sècheresse règne, la lavande est récoltée, il reste encore quelques fleurs dans les champs asséchés. Comme les nuits sont fraiches, la température est agréable au début de la matinée, mais vers midi il commence à faire chaud. Au mois d’août en Provence, c’est normal. Nous roulons direction le village de Sainte-Croix. En arrivant au bord de ce plateau, quelle vue rafraichissante, une énorme surface turquoise s’étend devant nous (photo). Le lac de Sainte-Croix.

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C’est un lac de barrage créé artificiellement, comme le lac d’Esparron. Nous traversons le village et nous arrêtons au bord du lac où nous trouvons un centre touristique pour les sports aquatiques, des voiliers et des canoës sont à louer. Sur la plage de sable, nous nous cherchons tout de suite une place pour étendre nos linges, mettons nos caleçons de bain et les chaussures en plastique et sautons dans l’eau – comme ça fait du bien ! Depuis le lac, mon regard tombe sur le village de Sainte-Croix qui se trouve juste en-dessus du lac. Ceci était encore un village perché sur une corniche en dessus de la vallée du Verdon il y a 50 ans. Incroyable !

Mais il y avait de la vie ici, avant le lac !
L’homme a découvert la région des gorges du Verdon il y a longtemps. Des preuves, qu’il y avait des êtres humains il y a 400’000 ans se trouvent au musée de préhistoire des gorges du Verdon à Quinson. C’est après-midi en août, quand le soleil brûle sur la Provence, c’est le moment idéal pour nous d’entrer dans ce bâtiment moderne bien climatisé, construit par Norman Foster, et plonger dans les expositions.

Un pont se trouvant à l’ouest de la vallée témoigne de la présence d’une voie romaine qui a passé par ici. A partir du Vième siècle, des prieurés et des abbayes s’y sont installés. Les moines ont cultivé les terres, planté des vignes, élevé des bêtes et ils ont aussi construit des canaux pour le drainage et l’irrigation des champs.

A partir du XIVe siècle, les habitants de la vallée ont commencé à répartir le territoire et à s’organiser. Des bornes et des délimitations ont été définies, l’irrigation des champs, l’entretien des chemins et l’utilisation des Iscles (îles du Verdon) qui sont un réservoir de bois ont été réglées.

A la fin du XVIIIième siècle les petites propriétés familiales prennent leur essor. Dans le XIXième siècle le paysage de la vallée est fixé. Les communes de la vallée sont Aiguines, Les Salles, Sainte-Croix, Moustiers et Bauduen.

Le Verdon n’était jamais une rivière tranquille restant dans son lit en traversant sa vallée. Avant qu’il soit apprivoisé, c’était un « guerrier ». Sur une surface d’environ un kilomètre de largeur, il a changé son cours chaque année. Il y avait régulièrement des inondations. Les habitants de la vallée ont canalisé son eau pour irriguer leurs champs et jardins, pour remplir les lavoirs et plus tard, pour faire fonctionner leurs moulins. Il y avait des moulins à blé, à huile, à farine ou à papier. Pour gagner des terres du Verdon ils ont construit des endiguements.

Dans la deuxième moitié du XIXième siècle, avec le développement des villes de la basse Provence, le besoin en eau potable et en eau pour l’arrosage a augmenté. Les ingénieurs ont cherché des solutions, et entre autres, un barrage à Sainte-Croix était une idée pas encore retenue à ce moment-là. En 1866, le canal du Verdon (Quinson à Aix-en-Provence) a été construit. A la fin du siècle, l’eau était aussi nécessaire pour les premiers projets électriques.

Les barrages de Castillon (1948) et celui de Chaudanne (1953) ont été construit en amont des Grandes Gorges et à cette époque, le projet de la mise en eau de la vallée du Verdon est devenu concret. Il a été réalisé entre 1960 et 1973.

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Le barrage de Sainte-Croix (photo) a été construit et la vallée ensuite, après destruction du paysage, inondée. La commune se trouvant au fond du lac, Les Salles, a été reconstruite sur un promontoire en-dessus du lac, et les deux villages, Bauduen (photo ci-dessous) et Sainte-Croix, sont devenus des communes de bord de lac avec des plages et des centres pour le tourisme aquatique. Il y a un certain temps, quand Sainte-Croix était un village perché entre le plateau de Valensole et la plaine des Salles, personne ne se serait imaginé qu’il y aurait une fois une plage avec des voiliers et des canoës ici…

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Entre la sortie du Verdon des Grandes Gorges et le barrage, le lac s’étend sur une longueur de 11 km et une largeur de 5 km. Sa profondeur est de 93 m.

Vacances en Provence 2016

Soleil, chaleur, l’odeur de la lavande et du thym, une extrême sècheresse et à l’opposé, dans la vallée du Verdon, les eaux de la rivière et des lacs d’Esparron et de Ste Croix, nous ont accompagné pendant nos vacances cette année – voici quelques impressions:

Weekend à Lauterbrunnen et Jungfraujoch

On arrive dans le village de Lauterbrunnen le dimanche 30 août 2015 – et je voie tout de suite l’hôtel Silberhorn, un grand chalet avec des géraniums rouges, situé quelques mètres en-dessus de la gare (hôtel du Smartbox ‘Hôtels avec charme’, cadeau de la famille Rast-Gyr). Pour notre sortie sur le Jungfraujoch demain matin, c’est idéal.
Avant, nous avons profité de la belle matinée estivale à Interlaken. Avec café et cappuccino sur la terrasse d’un Tea-Room, nous avons admiré les pentes du glacier de la Jungfrau qui brillaient à l’horizon en face de nous. Depuis là, la Jungfrau était toujours devant nous à l’horizon, sur la route dans cette vallée étroite de Lauterbrunnen avec ses rochers et flancs de montagnes qui s’élancent des deux côtés vers le ciel – et le soir, lors de l’apéro, sur la terrasse de notre hôtel.
Après l’installation à l’hôtel, dans une grande chambre avec un grand balcon, nous achetons des sandwichs et traversons ce village vivant ; tout est ouvert, et il y a beaucoup de monde ce dernier splendide weekend d’août. La vallée de Lauterbrunnen est la vallée des 72 chutes d’eau. Nous décidons de visiter les Staubbachfälle, qui n’étaient pas trop loin à pied.

Cette cascade, un rideau de gouttes d’eau, a motivé Johann Wolfgang Goethe en 1779 d’écrire ce poème (je trouve que la meilleure langue pour un poème est sa langue d’origine, pour cette raison il reste en allemand)
staubbachfälle

Gesang der Geister über den Wassern

Der Menschen Seele Gleicht dem Wasser: Vom Himmel kommt es, Zum Himmel steigt es, Und wieder nieder Zur Erde muss es, Ewig wechselnd.

Strömt von der hohen, Steilen Felswand Der reine Strahl, Dann stäubt er lieblich In Wolkenwellen Zum glatten Fels, Und leicht empfangen Wallt er verschleiernd, Leisrauschend, Zur Tiefe nieder.

Ragen Klippen Dem Sturz entgegen Schäumt er unmutig Stufenweise Zum Abgrund.

Im flachen Bette Schleicht er das Wiesental hin, Und in dem glatten See Weiden ihr Antliz Alle Gestirne.

Wind ist der Welle Lieblicher Buhler; Wind mischt vom Grund aus Schäumende Wogen.

Seele des Menschen. Wie gleichst du dem Wasser! Schicksal des Menschen, Wie gleichst du dem Wind!

Nous trouvons un peu d’ombre pour manger nos sandwichs au pied de ce rideau d’eau. Ensuite nous montons environ 15 minutes dans le rocher derrière la cascade pour voir le rideau depuis la galerie qui a été creusée dans la pierre. C’est rafraichissant. Nous apprenons qu’il y a toujours un thermique à cet endroit, et qu’il est la raison pour laquelle l’eau de cette cascade tombe en toute petites gouttes, presqu’en poussière d’eau, dans la vallée. Cela explique le nom de la cascade : « Staubbachfälle », ce qu’on pourrait traduire comme « chute de poussière d’eau ».
De retour sur le chemin, un panneau nous indique qu’il y a une autre cascade qui n’est qu’à 50 min. à pied d’ici, les Trümmelbachfälle. Et nous décidons de continuer le chemin. Tout à coup nous observons une sorte d’homme oiseau qui se jettent, l’un après l’autre, dans le vide depuis le bord du mur de rocher d’environ 300m de hauteur. « Tu as vu ça, ils sont fous ! » je dis à Bernard. Au dernier moment ils ouvrent leur parachute afin d’atterrir doucement sur le champ. Ce sport extrême s’appelle basejump. Depuis la base d’hélicoptère au milieu de la vallée, les hélicoptères décollent et atterrissent inlassablement pour déposer les sportifs sur le plateau du rocher. – Seulement quelques jours après notre séjour à Lauterbrunnen, on peut lire qu’un sportif de basejump s’est tué à cet endroit – et quelques semaines plus tard encore une fois… un sport trop dangereux !
Nous traversons la vallée et le pont sur le Trümmelbach (rivière Trümmel). « C’est le Trümmelbach, les chutes ne peuvent donc pas être trop loin », nous disons nous. Il fait chaud, mais nulle part on peut découvrir une cascade. Nous avons envie d‘abandonner : « Retournons-nous à l’hôtel? ».
Heureusement, je fais encore quelques pas après le pont, parce que je vois, derrière les arbres, un grand parking avec des bus de touristes et une affiche : Trümmelbachfälle. Et nous nous demandons, si ces chutes se trouvent peut-être à l’intérieur du rocher ?
« S’il y a autant de voitures et de bus, cela vaut peut-être la peine de regarder plus proche ». Nous achetons des billets. Puis nous avançons vers un ascenseur qui nous transporte dans le rocher pendant environ 60 secondes. A la sortie nous nous trouvons toute en haut de la vallée de Lauterbrunnen, et nous découvrons un des phénomènes naturel le plus spectaculaire de toute la Suisse.
trümmelbachfälle_2Dans une fente du rocher, d’énormes masses d’eau se jettent de plein fouet dans la vallée. On compte dix cascades. Plus de 20’000 litres d’eau par seconde se jettent presque verticalement dans la vallée. Le Trümmelbach transporte l’eau des glaciers de l’Eiger, Mönch et Jungfrau. Nous sommes très impressionnés et contents de ne pas été retournés à l’hôtel. Nous descendons le chemin le long des dix cascades, impressionnés par cette incroyable force de l’eau.
Puis nous rentrons avec le car postal dans le village.
Le soir, sur la terrasse de l’hôtel entourée de fleurs, nous nous reposons avec une coupe de Prosecco. En face, tout en haut, les glaciers de la Jungfrau et du Silberhorn brillent encore dans le soleil.
Après le souper, Cordon Bleus et un verre de Cornalin, nous sommes rapidement au lit. Demain est le grand jour : Après le petit déjeuner nous prenons le train pour le Jungfraujoch.
Une magnifique journée d’été nous sourit lundi matin. La voiture peut rester sur le parking de l’hôtel et peu après 9h nous montons à Lauterbrunnen dans la WAB – Wengernalp Bahn. Les wagons sont déjà plein de touristes asiatiques. Le train à crémaillère monte d’abord à Wengen qui se trouve sur une terrasse en dessus de la vallée de Lauterbrunnen, à 1274m. Ensuite il continue à la Kleine Scheidegg. Ici, le train à crémaillère de la vallée voisine, de Grindelwald, le rejoint.
La vue d’un côté sur la plaine, et l’autre côté sur les trois impressionnantes montagnes Eiger, Mönch et Jungfrau avec leurs glaciers est fantastique. Nous changeons de train et montons dans la Jungfraubahn avec ses wagons rouges et confortables. bahn_jungfraujochOn ne voit pas beaucoup, la plupart du temps nous sommes dans le tunnel qui a été creusé dans la paroi nord de l’Eiger. 50 minutes plus tard nous arrivons à la gare la plus haute de toute l’Europe, sur le Jungfraujoch, à 3454m. Nous n’avons que de l’admiration pour cet incroyable œuvre terminé en 1912 – mais aussi l’organisation ici, qui permet de gérer d’énormes masses de touristes.
Il faisait froid dans le tunnel, le train s’était arrêté deux fois pendant 5 minutes, à Eigerwand et Eismeer, permettant aux touristes d’admirer le panorama à travers les fenêtres taillées dans le rocher.
Dans le tunnel il fait froid, le train s’arrête deux fois pendant 5 minutes, permettant aux touristes d’admirer le panorama à travers les fenêtres taillées dans le rocher. les arrêts s’appellent Eigerwand et Eismeer . Après un voyage de 50 min. nous arrivons à Jungfraujoch, à 3454m.
Il y a beaucoup de place dans la gare, deux halles sont à disposition pour l’arrivée des trains.
Le thermomètre affiche 3° et nous mettons polaire et anorak, ensuite nous nous informons. Nous sortons d’abord sur la plate-forme pour admirer la vue. La neige et la glace brillent autour de nous dans le soleil. Au sud s’écoule le grand glacier d’Aletsch via la place de Concordia plusieurs kilomètres vers le Valais. On a l’impression de pouvoir toucher les sommets du Mönch d’un côté et de la Jungfrau l’autre côté, tellement ils sont proches. D’ailleurs, la région Jungfrau avec le glacier d’Aletsch fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Nous continuons notre découverte en passant par le palais de glace avec ses sculptures de glace et sortons sur une place enneigée où je peux respirer, fin août, l’odeur de neige et d’hiver  Je me réjouis déjà des pistes de ski – et je ne peux pas m’empêcher de lancer une boule de neige vers Bernard.
Sur le retour l’après-midi, nous nous arrêtons à Kleine Scheidegg pour manger quelque chose sur la terrasse de l’hôtel Bellevue. Quand j’entre dans l’hôtel pour aller aux toilettes, je suis toute étonnée parce que je plonge dans un autre monde. Je me sens tout à coup dans la maison de maître d’un lord anglais d’un film de Rosemund Pilcher. J’adore ces décors intérieurs à l’anglaise.
Sur la Kleine Scheidegg nous découvrons aussi le téléski qui monte sur le Lauberhorn. Grâce à la descente de Lauberhorn, Wengen et cette région sont chaque année pendant un week-end le centre du monde de ski.
De retour dans la Wengernalp Bahn, nous nous décidons pour un autre stop à Wengen. wengenNous nous promenons dans le village et respirons l’ambiance typique d’un centre de sport d’hiver et de randonnée, semblable à Chamonix ou Engelberg, mais plus petit. Il fait très chaud. Après le café sur une autre terrasse, nous remontons dans la WAB et retournons à Lauterbrunnen, très contents de cette excursion réussie.
Avant de nous mettre en route, nous achetons encore un peu de charcuterie pour notre petite chatte Praline, gravement malade à la maison, mais bien soignée par une gentille voisine.
Via Interlaken et Berne nous rentrons direction Genève. Mais pas directement. Nous terminons la magnifique journée au bord du lac de Morat, à Praz, à l’hôtel Bellevue, avec une truite (pour moi) et des filets de perche (pour Bernard).

Praline

praline_cartonNé le 10 février 1998, notre belle chatte persane nous a accompagnés pendant plus de 17 ans. En été, elle vivait surtout sur le balcon observant le parc depuis son arbre à chat, allongée sur la chaise-longue ou cachée sous la nappe de la table. Depuis qu’elle était tombée une fois – je l’avais heureusement trouvée la nuit sous un buisson dans le parc – des bacs de fleurs décorent la balustrade du balcon pendant toute l’année, ainsi elle ne pouvait plus sauter et se promener là-dessus.
Praline n’aimait pas rester seule. Nos plus belles semaines de l’année, les vacances, n’étaient certainement pas les périodes préférées de Praline – même s’il y avait toujours des personnes très gentilles et aimables qui s’occupaient d’elles pendant qu’on était loin.
Elle aimait bien grignoter du fromage d’Italie, du parmesan rappé, des morceaux de melon ou de dattes, lécher les couvercles yoghourt – elle n’aimait ni les crevettes ni le foie – elle était un chat pas comme les autres !
Quand sa maladie, une insuffisance rénale, a été constatée en printemps 2015, elle était déjà très progressée. Des mois très difficiles, pour Praline et pour nous, ont commencé, puisqu’elle n’aimait ni la nourriture spéciale qu’elle aurait dû prendre pour stabiliser sa maladie, ni les médicaments à avaler quotidiennement. Elle est restée avec nous jusqu’au 3 septembre 2015. Très reconnaissant pour tous ces moments de bonheur passés avec notre petit monstre, nous gardons toujours plein de magnifiques souvenirs de Praline.praline_cabane

Liens :
Un tas d’information très détaillé sur la maladie de l’insuffisance rénale, écrit plein de compassion et de compréhension pour les animaux malades et leurs propriétaires par une femme dont plusieurs chats ont soufferts de cette maladie : Infos insuffisance rénale
SGBA Genève (Société genevoise pour la protection des animaux) : SGPA